Chapelle Charbon

Un parcours sonore géo-localisé à Aubervilliers

Des immeubles flambant neufs de Rosa-Parks aux terrains vagues de la porte d’Aubervilliers, une déambulation sonore de part et d’autre du périphérique à l’écoute d’habitants, poètes, rôdeurs et travailleurs qui forment la population éclectique d’une zone en pleine mutation. 

Jeanne Robet, avec le soutien de l’artiste sonore Rodolphe Alexis et de l’écrivain Philippe Vasset, a arpenté plusieurs semaines les espaces tantôt balisés tantôt en friche d’une ville qui repense ses fondations, pour poser les premiers jalons, sous forme d’une trentaine de capsules sonores géolocalisées, d’un parcours audio pensé avec le Collectif MU, locataire de l’ancienne Gare des Mines / La Station.

Ici c’est Paris.

Repérages Porte d’Aubervilliers.

Les petits trains touristiques de Montmartre stationnent ici la nuit, à l’abri des selfies. A leurs retour le soir, les enfants du camp rom d’à côté s’agrippent aux wagonnets en riant très fort. Les plus grands vont chercher de l’eau aux bornes incendies le long du périphérique, ou faire la manche dans les allées vides du centre commercial le Millénaire. Le futur siège de Véolia fait briller ses grandes baies vitrées, les promoteurs immobiliers peinent à rejoindre Paris sans se salir les souliers dans la boue au pied des chameaux nonchalants du chapiteau de cirque. Le Relai d’Aubrac tient tout seul debout avec ses rideaux blancs brodés et ses entrecôtes d’un autre temps. Le patron du garage qui répare toutes les Jaguar et Rolls Royce d’Ile de France observe de loin le manège des sans chicots qui démontent un frigo et tapent le carton tout en surveillant ses arrières. Les entrepôts des Chinois débordent de Tours Eiffel colorées en plastique et il faut un jeton pour rentrer dans les toilettes du PMU, parce que sinon c’est la zone, et la zone, on aime pas trop.

Jeanne Robet, avril 2016.




Réalisation

Chapelle Charbon est produit avec l’application SoundWays développée par le Collectif Mu.

Jeanne Robet, 2016/2017.